N° 49 / Juillet 2019 
La restauration des statues de la chapelle de la Rsurrection

En parallle la restauration des lvations de la chapelle, s'est droule, entre janvier et mars 2013, celle des statues qui la dcorent, toutes anciennement classes au titre des monuments historiques :

                        la Vierge dite Notre-Dame des Doms , de James Pradier,
                        saint Pierre, uvre attribue Pierre Puget (au moment de leur protection),
                        sainte Marie-Madeleine et saint Thomas, uvres attribue Bernus (au moment de leur protection),
                        saint Jean, de Jean-Joseph Lacroix.



Un ensemble htrogne


Cinq oeuvres ornent ainsi la chapelle : quatre d'entre elles, sainte Marie-Madeleine, saint Thomas, saint Jean et saint Pierre, prennent place dans des niches creuses dans les parements ; la statue de la Vierge est, elle, pose sur l'autel.
Cette dernire oeuvre, la plus tardive, est galement la mieux documente. Elle fut commande au clbre sculpteur James Pradier, trs en vogue sous la Restauration, en 1837, et mise en place en 1838.


Bien des questions demeurent quant aux quatre autres sculptures. Elles ont en effet toutes t mises en place la suite de la disparition de la statuaire qui ornait l'origine la chapelle, et sur laquelle nous n'avons que peu d'informations.
Il y avait dans cette chapelle quatre belles statues, dans des niches ; trois ont t enleves et brises, la quatrime, laquelle manque la tte, est reste en place (Mmoire sur la mtropole dAvignon, 20 octobre 1817).
Le saint Jean est le plus rcent ; il fut ralis au XIXe sicle, en remplacement d'une autre oeuvre juge trop altre pour tre restaure, par le sculpteur avignonnais Jean-Joseph Lacroix.
Les trois statues sainte Marie-Madeleine, saint Thomas et saint Pierre, en revanche, semblent plus proches quant leur datation.
Sainte Marie-Madeleine proviendrait pour Alain Breton (1) du tombeau de saint Bnezet de l'glise des Clestins d'Avignon, tout comme sainte Marthe et une autre sainte Marie-Madeleine places dans des niches au niveau du narthex ; il s'agirait de trois Vertus que l'on aurait modifies par l'ajout d'attributs.


En tout tat de cause, il est indubitable qu'elle fut insre de force dans une niche inadapte sa taille, ce qui explique la fois sa position trs penche en avant, et peut-tre certains des multiples dgts dont elle fut victime (sa tte, son avant-bras et sa main droits sont de restauration).
Saint Thomas perdit galement, dans le transport jusqu' la chapelle peut-tre, sa tte et sa main gauche qui furent reprises grossirement au pltre.


Saint Pierre est la seule oeuvre des trois possder encore sa tte d'origine. Elle est dsormais attribue Marc Chabry(2).



La restauration des cinq sculptures de la chapelle de la visitation Notre-Dame des Doms a donn lopportunit de travailler sur des sculptures remarquables (La Vierge en marbre de Pradier ou bien le saint Pierre en calcaire de Marc Chabry, entre autres).
Cela a t loccasion de faire un constat dtat et un relev des nombreuses et plus ou moins anciennes restaurations.
Il y a eu des interventions lies ltat gnral des sculptures (encrassement important avec pertes de lecture des volumes), mais aussi des interventions plus cibles sur les anciennes restaurations, dont certaines se sont rvles abusives et mal quilibres, et dont dautres qui ont mal vieillis ont dues tre partiellement reprises.
Cette intervention sintgre dans le programme de la restauration complte de cette chapelle qui remet en avant un joyau de lart baroque Avignonnais


Groupement de restaurateurs sous la direction de Benot Lafay, juillet 2013



Une statuaire retrouve

Il faut encore prciser que cette intervention a opr deux transformations majeures sur ce patrimoine.
D'une part, elle a permis la redcouverte d'lments masqus jusque-l par des reprises dbordantes sur l'original, et des changements majeurs conscutifs dans les proportions des statues
(exemple : l'avant bras-droit de sainte Marie-Madeleine, la main droite de saint Thomas).
D'autre part, de nouvelles conditions de perception des oeuvres ont t instaures : un redressement de sainte Marie-Madeleine, auparavant trs penche, et un renforcement de sa stabilit par la mise en place d'une semelle l'inclinaison savamment calcule ; pour saint Pierre, un recentrage de l'oeuvre dans la niche qui l'accueille.
Au cours de la phase de retouche, enfin, le souci de l'harmonie esthtique entre les oeuvres et de la qualit de leur intgration dans l'enveloppe architecturale furent constants.



Julie Tugas,
Conservateur des monuments historiques, juillet 2013






1) BRETON Alain, La chapelle de saint Bnezet aux Clestins in Mmoires de lAcadmie de Vaucluse, 7e srie, tome V, anne 1984, p.191-197
2) REYNE Andr, BREHIER Daniel, La Mtropole Notre Dame des Doms, haut lieu de spiritualit, dart et dhistoire, Imp. Beaulieu, Lyon

Numéro 16 / Juillet 2013 -
 
 
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