N° 52 / Janvier 2020 
LA SIGNALISATION DE LA COTE CAMARGUAISE



Située sur une route maritime importante entre l'Espagne et l'Italie, à proximité de Marseille, port majeur du commerce maritime en Méditerranée et au débouché de l'importante voie fluviale rhodanienne, la côte de Camargue fut toujours très fréquentée par les marins depuis l'Antiquité. Ses parages furent le théâtre de nombreux naufrages dus à des erreurs de navigation le long d'une côte instable. Les courants marins conjugués aux bancs de sable que charrie le delta du Rhône rendaient impossible une cartographie du trait de côte jusque vers le milieu du 19ème siècle. Cette difficulté était augmentée par les fortes tempêtes d'hiver qui firent longtemps la réputation de la côte camarguaise comme « côte maudite » jusque dans les années 30.
Ce danger était accru par la morphologie du littoral, inhabité et sans relief (l'altitude oscille entre moins d'1 m et 2 m), qui était dépourvu d'amers naturels. On estime qu'environ 600 bateaux ont fait naufrage au large de la Camargue de l'Antiquité au 19ème siècle1.
Jusqu'au 19ème siècle le balisage en mer était assuré par des pilotes mis en place par la municipalité d'Arles puis rattachés au 18ème siècle au service du Roi. Au début du 19ème siècle ce fonctionnement était relayé par des sémaphores ce qui explique que Faraman et La Gacholle ont été élevés à proximité d'anciens sémaphores.

Une première tentative de signalisation de la côte commence avec le programme national mis en place par la 1ère commission des Phares & Balises, à partir de 1825, pour entreprendre la signalisation pérenne de la côte camarguaise. Elle se traduit en 1835 avec l'édification du premier phare de Faraman rapidement condamné par les attaques de la mer. Dès 1875 sa reconstruction dans les terres est envisagée et sa destruction définitive intervient vers 1917.

C'est seulement à partir de 1860 que  la construction de la « digue à la mer » qui dura jusqu'en 1914 permit la mise en place d'une signalisation maritime pérenne. Elle commence avec celle du phare de l'Espiguette en 1869, (commune du Grau-du-Roi), de la Gacholle en 1882 (commune des Saintes-Maries de la Mer),  du deuxième phare de Faraman en 1892, de Beauduc en 1902 situés sur la commune d'Arles et celui de Saint-Gervais sur le port de Fos-sur-Mer en 1979 qui sera le dernier phare construit en France métropolitaine.



Jusqu'à l'édification du phare de Beauduc en 1903, les deux phares successifs établis à Faraman n'ont pu empêcher de nombreux naufrages dus à des erreurs de navigation. En effet il sera confondu avec celui du Planier signalant la rade de Marseille.


Blandine JOURDAN,
Conservation régionale des monuments historiques, 2012






1A partir de 1989, face aux Saintes‐Maries‐de‐la‐Mer, fut localisée la première épave antique, chargée de lingots de plomb et d'amphores espagnoles. Aujourd'hui, une trentaine d'épaves antiques, datées entre le IIe siècle av. J.‐C. et le IIIe siècle de notre ère, ont été recensées. Engravés sur des bancs de sable proches de la côte, la majorité de ces navires tentait de rallier une embouchure du Rhône antique aujourd'hui disparue, l'ostium metapinum, plus connu sous son vocable médiéval de Rhône de Saint‐Ferréol.

Numéro 11 / Septembre 2012 -
 
 
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