N° 52 / Janvier 2020 
06 – SAINT-JEAN-CAP-FERRAT – Phare de Cap Ferrat



Les ingénieurs du royaume de Piémont Sardaigne construisirent le premier phare de Villafranca sur  l'emplacement d'une ancienne tour à feu dont l'allumage remonterait à 1462. On ne connaît pas la date de construction de ce premier édifice dont on sait seulement qu'il portait  l'inscription « AN 1732 » (date de sa construction ?), et qu'il fut restauré en 1827-1828 ; son feu fut équipé d'une  optique à échelons de Fresnel dès 1838.
En 1860, à l'occasion du rattachement du comté de Nice à la France, le phare de Villafranca devint celui du Cap Ferrat. Pendant une quarantaine d'années, l'une des préoccupations fut la constitution du domaine du phare : des échanges ou acquisitions de terrains permirent d'agrandir progressivement le jardin initial, jusqu'à aboutir à l'actuelle composition en terrasses superposées et à la réalisation d'une nouvelle entrée conçue autour d'un rond-point.










La belle tour octogonale rehaussée par un attique cylindrique fut malheureusement détruite à la fin de la Seconde guerre mondiale ; autour, les bâtiments annexes demeurèrent presque intacts.
En 1952, la reconstruction d'une tour pyramidale à pans coupés, en pierre, de 34 m de hauteur, fut réalisée d'après le très monumental projet (20 millions de francs) de l'ingénieur des Travaux Publics de l'Etat C. Espitalier. Devaient suivre la restauration des logements, du bâtiment de service, des ouvrages d'art (murs, escaliers, terrasses) aux abords de la tour.
Le phare fut électrifié en 1954, puis automatisé.




Ce phare d'atterrissage de grande route se situe du côté sud-est de l'entrée de la rade de Villefranche, sur la pointe sud-ouest du Cap Ferrat.

D'une hauteur de 71 m au-dessus de la mer, sa taille générale est de 34 m  et sa portée de 24 milles.
Construit en maçonnerie de moellons et de pierre de taille de la Turbie, le phare est une tour de 32,60 m présentant la forme d'un tronc de pyramide à sections variables. Elle comporte à la base un puissant soubassement à 2 niveaux dont le second, aux assises à bossage en pierre « vert Roya » de la vallée de Tende, est relié par un passage sur voûte au bâtiment des logements.





A l'intérieur, le fût de plan circulaire, avec revêtement de carreaux de faïence, abrite une imposante volée tournante suspendue de 164 marches.
Sa lanterne Sautter-Harlé modèle standard est en métal de couleur verte, de 2 m de diamètre, à vitrage cylindrique sur 2 niveaux.


Son optique en verre taillé de 0,30 m de focale, équipé d'une cuve à mercure modèle standard Sautter-Harlé de 1902, est à 4 panneaux ; feu tournant à 4 éclats blancs réguliers toutes les 3 secondes.






Entourés de terrasses, les logements affectent la forme d'une grosse maison traditionnelle de plan rectangulaire, à deux niveaux (un logement par niveau), couverte d'un toit à quatre pentes, et aux élévations régulières.

Tout autour, le jardin occupe une superficie de 4041 m2 composée en une superposition de terrasses parcourues d'allées, avec parterres à bordures de rocaille plantés d'essences méditerranéennes.



Dans le site classé du Cap Ferrat, le phare accompagné de son grand jardin méditerranéen a toujours été un édifice très visité, constituant un lieu de promenade apprécié de la population locale et des adeptes de la villégiature balnéaire. Après-guerre, le parti adopté pour la reconstruction de la tour royale reste celui d'un « monument », une haute tour en pierre au dessin très achevé et à la réalisation particulièrement soignée. Réinterprétation contemporaine de l'ancienne tour, le phare constitue un élément remarquable du paysage du cap, s'inscrivant dans la permanence du site que les ingénieurs piémontais avaient aménagé les premiers dès le début du 19ème siècle.

Marie-Odile GIRAUD,
Conservation régionale des monuments historiques, 2012

Numéro 11 / Septembre 2012 -
 
 
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