N° 52 / Janvier 2020 
LES PHARES DE MEDITERRANEE ORIENTALE

Au nombre d'une douzaine, les phares azuréens, gérés par le service des Phares et Balises de Toulon (secteur Méditerranée Est de la circonscription interrégionale de la  mer Méditerranée), présentent une histoire et un certain nombre de caractères communs.

Trois d'entre eux seulement ont remplacé une ancienne tour à feu (phares de Bénat, de la Garoupe et de Cap Ferrat) et ils correspondent ainsi pour la plupart à des implantations nouvelles, majoritairement liées à la montée en puissance des ports de Méditerranée orientale, pour des raisons militaires et commerciales, suite à la conquête de l'Algérie et à l'ouverture du canal de Suez.

Ils ont généralement été implantés sur un site stratégique qui participe à la défense du littoral.
Pour plus de la moitié, ils furent en effet élevés à proximité d'une batterie ou d'un fort datant généralement du début du 19ème siècle. Souvent aussi, pour les mêmes raisons, un sémaphore de la Marine fut construit à proximité, plusieurs entre 1861 et 1863.

On peut répartir les établissements de signalisation maritime azuréens en trois catégories architecturales qui reflètent  assez bien la « chrono-typologie » nationale :

  • les phares à tour centrée sur soubassement carré, pour beaucoup construits dans la décennie 1830, en application du Programme de 1825, et d'après le modèle « standardisé » par Léonce Reynaud qui n'en est pas l'inventeur ; plusieurs phares de ce type avaient été en effet été construits en Bretagne dans les années 1770-1780, mais que caractérisait un très beau décor d'architecture néo-classique. Au siècle suivant la rationalisation des plans s'accompagne d'une simplification du décor, réduit à l'essentiel ; en fait, on s'inscrit bien dans le cadre de cette architecture administrative, qu'on a presque envie de dire de série, du second tiers du 19ème siècle.





  • les phares à tour adossée ou intégrée à un corps de bâtiment qui datent plutôt de la seconde moitié du 19ème siècle. Là encore Léonce Raynaud a pu donner le modèle, notamment pour les phares à corps rectangulaire avec tour demi-hors œuvre en façade principale (Phare de la Pointe de Grave en Gironde en 1859).





  • les phares à tour isolée construits au 20ème siècle auxquels se rattache le cas un peu atypique du phare du Cap Ferrat construit par les ingénieurs du royaume de Piémont-Sardaigne dans les premières années du 19ème siècle et reconstruit en 1952 en se référant à l'édifice originel.






Marie-Odile GIRAUD,
Conservation régionale des monuments historiques, 2012

Numéro 11 / Septembre 2012 -
 
 
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