N° 52 / Janvier 2020 
13 – MARSEILLE – Phare du Planier
Phare inscrit au titre des monuments historiques dès 2002


L'îlot de Planier, situé à 15 km de la côte, est occupé par un phare depuis le Moyen-Age. Le premier phare fut édifié en 1320, le second en 1774, le troisième en 1829 ; le quatrième, datant de 1881, est détruit par les Allemands en août 1944.

Une partie des 170 phares démolis ou gravement endommagés sera reconstruite à l'identique. Mais la reconstitution du réseau est aussi l'occasion de mettre en œuvre une nouvelle génération d'édifices, pour lesquels les ingénieurs sollicitent volontiers le concours des architectes et privilégient les reconstructions en béton.

Pour ce cinquième phare, le cabinet Arbus et Crillon engage à partir de 1947 une reconstruction en béton, avec habillage en pierre de taille du phare et de ses annexes. Allumé le 25 août 1959, le phare de Planier fut financé sur les crédits du plan Marshall ; mais le chantier, jugé trop coûteux, demeura inachevé.


L'ensemble se compose de deux parties : le phare, à l'est de l'îlot ; les bâtiments annexes, organisés en deux ailes, au nord et à l'ouest d'une vaste cour.


Le phare est une tour-colonne blanche légèrement tronconique, d'une hauteur totale de 71,66 m.

Les deux bâtiments constituant l'aile nord se caractérisent par leur élévation ordonnancée et par la mise en oeuvre très soignée de leur parement en pierre appareillée. Les autres parties (salle des machines, salle du matériel) sont inachevées et au moins partiellement transformées.

Deux groupes sculptés monumentaux, l'un au cheval marin, l'autre au dauphin, furent commandés aux sculpteurs Henry Parayre et Hubert Yencesse. Ils devaient prendre place sur des socles, de part et d'autre du grand escalier reliant le quai de débarquement à la cour centrale de l'îlot. Les blocs qui les constituaient ne furent jamais assemblés. Fin 1994-début 1995, ils ont été ramenés à terre. D'abord remontés dans la gare maritime, ils ont été installés en 2011 au bout du môle accueillant les ferries de croisière.


Le phare de Planier est important dans le domaine de la signalisation maritime, en raison de sa taille, de son statut et de son histoire. C'est un élément fort de la mémoire collective marseillaise. Sur le plan architectural et pourrait-on dire urbain, il est remarquable par sa monumentalité : dans un style à la fois éclectique et « néovisionnaire», la mise en scène du phare et plus encore de ses annexes, comme une place ordonnancée au milieu de la mer, produisent un ensemble tout à fait spectaculaire. Les architectes manifestent ici une volonté de se situer dans l'esprit des grands projets marseillais, réalisés ou pas, des places de Puget aux abords de la cathédrale, en passant par le Frioul.

Sylvie DENANTE,
Service architecture et espaces protégés, 2012


Numéro 1 / Janvier 2011 -
 
 
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