N° 47 / Mars 2019 
LES PHARES EN PROVENCE-ALPES-COTE-DAZUR






Lautomatisation des phares et la disparition des gardiens ont conduit les ministres de lEquipement et de la Culture sinterroger sur leur devenir. Cest ainsi qu partir de 2001,  a t initi un inventaire national des phares qui a abouti une campagne de protection au titre des monuments historiques, et une dernire commission nationale en juin 2012 avec le classement de trois phares de Provence-Alpes-Cte dAzur.








Dans le cadre dune campagne de protection des phares qui porte sur lensemble des ctes franaises, la rgion PACA allait relever le dfi dune dmarche dlicate et complexe. tait-il pour autant pertinent daborder individuellement chacun des phares de la cte mditerranenne ? Si les mcanismes juridiques de la protection limposent, ces phares sont lvidence les ponctuations dune seule et mme continuit littorale o, comme il est de rgle, de nouveaux dispositifs ont sans cesse supplant les anciens dans le souci dune efficience accrue.

En examinant pralablement lensemble des phares en dlgation permanente, une approche thmatique fiable imposait de se doter de solides lments de comprhension abordant larchitecture des phares proprement parler, les groupes optiques avec mcanismes adjacents, les amnagements de vie logement, local technique , ainsi que les lments territoriaux jardin, mur de clture, plateforme, quai ou bien terrasse ; toutes composantes tmoignant dune prsence humaine qui nest inluctablement plus de mise depuis lautomatisation outrance opre au cours des annes 90.

Chacun de ces phares apportait donc une touche de comprhension sur la manire dont on a tiss une chane opratoire dune stricte continuit et ce, depuis 1825, au moment o sintensifiait lactivit des ports mditerranens sous la pression dimpratifs commerciaux et militaires. Ainsi, le littoral mditerranen est-il porteur dune temporalit portant sur prs de deux sicles, les anciennes tours feu ayant bien entendu toutes disparu. Lenjeu de la protection rsidait donc dans la manire de traduire la fois le long temps de lhistoire des balises maritimes et terrestres, loptimisation des performances, la grande diversit galement des rponses apportes.

Avec mthode, la dmarche de protection laborait une classification architecturale en trois catgories : les phares tour centre sur soubassement carr, les phares tour adosse ou intgre un corps de btiment, les phares tour isole enfin. chacun de ces trois ensembles, se superposant un segment temporel : dcennie 1830, seconde moiti du XIXe sicle, XXe sicle enfin. Bien entendu, des exceptions taient l pour perturber cette sage ordonnance.

Se voulant avant tout rationnelle, lapproche thmatique concrtisait une dmarche dment rflchie ayant convoqu les meilleures comptences en ce domaine. Si bien entendu quelques phares taient dj concerns par une protection au titre des sites ce qui est fort comprhensible l o ils sont dordinaire implants , cette affiliation ne pouvait suffire garantir une prise en compte de la grande spcificit de ces architectures et de leurs mcanismes. Ainsi, dans cette slection raisonne des phares mditerranens, tous furent proposs pour une mesure dinscription au titre des monuments historiques, certains vous au classement ; lan que la commission nationale des monuments historiques confirma sans peine et mme amplifia.

Sans pour autant cder linflation de llargissement du champ patrimonial amorc laube des annes 80, cette entreprise de protection des phares aura ainsi ambitionn de montrer comment, dans un contexte devenu trs contraint, une des ralits tangibles de la rgion jusque-l sous-reprsente sest-elle affilie au corpus dj trs nourri des monuments historiques de PACA.


Yves CRANGA
Conservateur des monuments historiques



Numéro 11 / Septembre 2012 -
 
 
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