83 – RAMATUELLE – Phare de Cap Camarat

Bâti en 1836-1837  sur l'emplacement d'une vigie au milieu de la presqu’île de Saint-Tropez, le phare du Cap Camarat, contemporain du phare de Porquerolles et construit sur le même type, constitue  un autre grand signal d’atterrissage pour  les paquebots arrivant du canal de Suez.



Situé à 109,19 m au-dessus du niveau  de la mer, il est  l’un des plus hauts et des plus puissants phares  de la côte méditerranéenne dont la portée, de 26,8 milles,  englobe les îles d’Hyères à l’ouest et va jusqu’à Antibes à l’est.
L'adjudication en faveur de l’entrepreneur du Luc Joseph Maurel le 20 juillet 1835,  prévoit la construction d'une tour avec un soubassement comportant des magasins et des logements selon le modèle « standardisé » par l’ingénieur-architecte Léonce Reynaud et adopté pour de nombreux phares élevés en Méditerranée en application du programme de 1825.
En 1839, est acquis le terrain de 1805 m2 qui l’entoure sur lequel débute en 1847  la construction de maisons pour les ouvriers. L’aménagement du site  se poursuit en 1861 par l’édification du sémaphore ;  en 1885, par la construction de logements pour les familles des gardiens qui,  jusque là, n’avaient eu à leur disposition que les étroites cellules du bâtiment d’origine et préféraient ainsi habiter le village de Ramatuelle, à 4 km de marche.
Le phare mitraillé en 1944 est restauré et électrifié en 1946 ; il est automatisé en 1977.



Sur le Cap Camarat, ce phare d’atterrissage de grande route d’une taille générale de 25,11 m, est établi au centre d’une vaste plate-forme recouvrant des citernes à eau. La composition générale des bâtiments, inscrite dans un enclos et symétrique, est axée ouest / est, dans la perspective du chemin du cap. Le phare lui, regarde au Midi, offrant ainsi au visiteur qui franchit le portail une façade latérale.






Construit en moellons granitiques locaux et en pierre de Cassis pour le décor d’architecture, il se compose d’une tour carrée centrée sur un soubassement carré à un niveau. Les murs épais de 0,5 à 1 m. présentent en façade une maçonnerie lisse avec chaînes d'angle harpées en pierre pour principal décor.
Autour du fût central s’organise un ensemble de huit petites pièces de 16 m2 (sauf la chambre de l’ingénieur légèrement plus grande), couvertes de voûtes d’arêtes.


Un large escalier à vis suspendue, en pierre, conduit d’abord  à la chambre de veille couverte d’une voûte plate ;  une échelle en fonte y permet d’accéder à la chambre de la lanterne, partie maçonnée en pierre de taille qui abrite le soubassement à colonnes de la cuve à mercure BBT de 1903 ; au-dessus,
accessible par une seconde échelle en fonte, l’imposante lanterne métallique de 3,5 m  de diamètre, à trois niveaux et 16 pans, abrite l’optique.




L’optique tournante BBT de 1946 est équipée de renvois aériens pour servir la navigation aérienne;  de 0,50 m de focale, elle est à 4 panneaux au 1/6. Le feu est blanc, à 4 éclats groupés toutes les15 secondes.

Le phare de Ramatuelle, au cœur du site classé  du cap Camarat dont les terrains appartiennent  au conservatoire du littoral, est historiquement l’un des phares les plus puissants de Méditerranée et en quelque sorte le jumeau du phare de Porquerolles.



Marie-Odile GIRAUD,
Conservation régionale des monuments historiques, 2012



Lettre d'information des patrimoines - DRAC PACA - Numéro 11 / Janvier 2020 -