06 – VALLAURIS – Phare de Vallauris

A la fin du 19ème siècle Golfe-Juan est à l'apogée de son développement industriel et commercial et, souhaitant exporter directement ses productions potières destinées à l'Italie, au Maghreb et au Moyen-Orient, la ville entreprend la construction d'une jetée-abri : en 1885, plus de trois cents navires transitent par le port.
Pour améliorer l'entrée de ses passes ouest et est, un premier phare est construit en 1900,  tourelle cylindrique de 17 m bâtie au bord de mer (hauteur au-dessus de la mer : 16,80 m) avec logement de gardiens à proximité. L'insuffisance de son signalement est dénoncée dès les années 1910, mais le projet d'une nouvelle construction est interrompu par la Guerre de 1914-1918 et ce n'est qu'en 1922 qu'est décidé le déplacement du phare de Golfe-Juan sur les hauteurs de Vallauris.


Construit par les ingénieurs Bareste et Bardot et par l'entreprise Jean Simons fils de 1923 à 1927, le deuxième phare, situé à 151,50 m au-dessus de la mer, est le plus haut d'Europe. Ecartant le projet d'une reconstruction à l'identique souhaitée par le directeur des Phares et Balises, l'ingénieur Bareste impose finalement une tour carrée dotée d'attributs militaires dont le caractère monumental lui paraît mieux convenir au nouvel emplacement ; la lanterne du premier phare est en revanche remployée. Un logement de gardiens est également bâti sur le terrain alentour de plus de 4000 m2 acquis en 1923.

Le phare est électrifié en 1927, puis automatisé.
Très récemment, le logement avec sa terrasse d'assiette a été vendu à un particulier, l'Etat demeurant propriétaire du phare et de son chemin d'accès.


Ce phare de jalonnement côtier se situe au nord-ouest de Golfe-Juan, sur les collines de Vallauris.

Etabli sur une plate-forme de 26 X 10 m, il domine avec sa taille générale de 19 m le boulevard des Horizons ; sa portée est de 15 milles.





Construit en maçonnerie de moellons provenant des carrières de Vallauris, le phare est une tour pyramidale de section carrée abritant un escalier en vis sur noyau en pierre. Il se compose d'un puissant soubassement à bossages couronné d'un large cordon dans la hauteur duquel s'ouvre la porte d'entrée ; d'un fût à l'appareil polygonal avec chaînes d'angle harpées ; de la terrasse sommitale supportant la lanterne qui, avec son large encorbellement sur une série de consoles, lui confère un caractère militaire.






La lanterne de 2,4 m de diamètre est noire et boisée, à un niveau de vitrage avec secteurs blancs, rouges et verts, complétés par deux panneaux à secteurs extérieurs. Son optique d'horizon date de 1927 : elle est crénelée sur support et présente une focale de 0,25 m. Le feu est à 2 occultations groupées toutes les 6 secondes.


Le plus élevé d'Europe, ce phare illustre le type très souvent adopté à la fin du 19ème- début du 20ème siècle d'une tour isolée aux maçonneries puissantes et au décor de faux mâchicoulis inspirés de l'architecture militaire, type dont le représentant le plus prestigieux sur la côte méditerranéenne est le phare du Cap Béar construit vers 1882. La lanterne remployée du premier établissement au dispositif de secteurs colorés extérieurs, dispositif  à priori unique en son genre, lui donne un intérêt historique et technique particulier.



Marie-Odile GIRAUD,
Conservation régionale des monuments historiques, 2012


Lettre d'information des patrimoines - DRAC PACA - Numéro 11 / Janvier 2020 -