N° 51 / Novembre 2019 

actualités
Agenda
Villa Aurélienne, Fréjus
Exposition jusqu’au 20 décembre 2019 
Friche de la Belle de Mai, Marseille
Evénement les 16 et 17 janvier 2020 


Recherche
sur les titres des articles et dossiers


Tapez vos mots clés séparés par un espace


Cette première lettre de l'année 2019 est placée sous le signe de la diversité, celle des patrimoines mais aussi celle des approches indispensables à ceux qui œuvrent en sa faveur. Les études documentaires, archéologiques, les projets mais aussi les travaux de restauration, une campagne de conservation préventive, enfin la valorisation par la présentation d'un parcours muséographique, nous feront voyager de Grasse à Manosque et de Saint Maximin à Castellane.

Un dossier est consacré à l'histoire de la création et au projet de restauration du chœur de la basilique de Saint Maximin. Le célèbre autel surmonté d'une gloire dorée est qualifié par Jean-Jacques Gloton de « chef- d’œuvre d'où rayonnera pendant toute une génération, l'italianisme le plus brillant et le plus audacieux ».1
Il fait partie d'un ensemble créé à la fin des années 1678 par Joseph Lieutaud, élève du grand sculpteur Pierre Puget, et d'autres artistes marseillais. Il va « mener à bien la plus complète synthèse des idées italiennes : mouvement de l'architecture, somptuosité des matériaux, richesses des polychromies, abondance du décor sculpté ».2 Cet ensemble exceptionnel par ses dimensions, la richesse et la diversité des formes, des matériaux et des couleurs, l'est aussi en tant que témoin des grandes créations de l'école marseillaise de sculpture, dont beaucoup ont hélas disparu ou ont été grandement altérées.

Né du désir de présenter plus dignement les reliques de Marie-Madeleine dans un somptueux reliquaire envoyé de Rome en 1634, nous verrons comment ce projet initié par l'ordre des Dominicains et soutenu par Louis XIV fut une monumentale réponse à une critique sur l'authenticité des reliques qui ébranla la Provence.
Outre ce contexte historique, Géraldine Martin, par l'étude des archives et la découverte du projet dessiné de Lieutaud, détaille la chronologie d'un chantier aux multiples intervenants.
L'intervention des sculpteurs Félix et Lazare Veyrier dans la première restauration effectuée à la toute fin du XVIIème siècle est désormais parfaitement localisée et identifiée.
La recherche historique, associée à l'étude détaillée des matériaux permet à Renzo Wieder de présenter un projet précis de restauration dont il nous donne une synthèse. Les observations relatives à l'état sanitaire de cet ensemble aussi somptueux que complexe, permettront également de constater à quel point cette restauration attendue est également prioritaire.

Nous ne quittons pas le Grand Siècle et l'art de la Contre-Réforme dans une autre communication consacrée à l'histoire et à la restauration achevée l'an dernier, d'une œuvre importante de l'un des artistes majeurs français du début du règne de Louis XIV, Sébastien Bourdon. L’œuvre signée et datée, classée dès 1913, n'avait pas jusqu'ici attiré l'attention des historiens de l'art.
Ce premier tableau de l'artiste d'origine languedocienne, encore adolescent, est comparé à quelques oeuvres connues du jeune maître. C'est aussi l'occasion d'expliquer les raisons de la commande des tableaux de par les confréries d'habitants (ici, la confrérie du Rosaire de Trigance), et de rattacher les œuvres à leur contexte social et cultuel. Le tableau constitue en effet le support matériel indispensable aux pratiques communes de dévotion et d'entraide, si importante dans la France d'autrefois.

Un autre type d'étude, à la fois historique et archéologique, est proposé par Mathias Dupuis pour la chapelle Saint Thyrse de Robion. Les textes les plus anciens la mentionnent en 1300, mais l'étude du bâti permet de remonter la datation au XIè siècle et de démontrer l'antériorité du clocher sur le reste de l'édifice très largement reconstruit au siècle suivant. L'analyse des décors gravés et des marques présentes sur le parement complète le descriptif de cet édifice roman préservé malgré les vicissitudes de son histoire.

Le patrimoine littéraire, la conservation et la formation sont à l'honneur grâce à une communication collective de jeunes élèves restaurateurs de l'Institut National du Patrimoine.
Résultat d'une fructueuse collaboration entre la ville de Manosque, la conservation régionale des Monuments historiques et l'INP, la conservation préventive et curative des plus de 8000 ouvrages constituant la bibliothèque de l'écrivain Jean Giono, initiée en 2018 sous forme d'un chantier école, est présentée. La mémoire d'un des plus célèbres provençaux du XXème siècle, sa source principale d'inspiration, sera conservée au Paraïs, demeure de l'écrivain, et c'est tout le défi de la préservation d'un ensemble fragile dans un lieu de vie, qui est abordé.
Enjeux de présentation, actions de conservation doivent pouvoir être conciliés, afin de valoriser ce patrimoine de l'intellect.

Une courte synthèse nous présentera enfin un patrimoine presqu' immatériel, celui des parfums de Grasse qui flattent plus immédiatement mais de façon plus fugace, nos sens. Les techniques et savoirs faire à l'origine de ces subtiles fragrances sont expliquées et présentées au public dans le cadre d'une nouvelle scénographie proposée par Olivier Quiquempois, directeur du musée international de la Parfumerie.

Des marbres et stucs dorés à la pierre sculptée, de l'odeur rassurante des livres familiers à la diversité des essences florales, ce nouveau numéro donne l'occasion à toute l'équipe éditoriale de souhaiter une belle et fructueuse année à tous nos lecteurs.
Edito
Laurent Hugues, conservateur des monuments historiques à la DRAC PACA

1 Gloton, Jean-Jacques, Renaissance et Baroque à Aix-en-Provence, Ecole Française de Rome, Palais Farnèse, 1979, tome II, p.397
2 idem.

|  Contact  |  Mentions légales  |  Crédits  |  Inscription  |  Connexion  |
MCC index ADVP