N° 51 / Novembre 2019 

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L’Institut de Recherche sur l’Architecture Antique, créé sous le nom de « Service d’Architecture Antique » en 1957, a été organisé, dès l’origine, en bureaux répartis sur le territoire français. Devenu « Institut de recherche » en 1983, l’IRAA est resté laboratoire propre du CNRS (UPR 5500) jusqu’à son passage au statut d’UMR (6222) en 2006 et d’USR (3155) en 2008. À côté des programmes thématiques spécifiques, l’IRAA est de plus en plus amené à développer des activités d’expertise, en France et à l’étranger, à la demande des partenaires de la recherche archéologique : services du Ministère de la culture, INRAP, collectivités locales, instituts français à l’étranger (Écoles françaises d’Athènes et de Rome, Casa de Velázquez), directions de l’archéologie des nombreux pays dans lesquels interviennent les membres du laboratoire.

Une particularité de l’IRAA est l’adossement de ses bureaux à des institutions d’enseignement et de recherche (Aix-Marseille Université, Lyon2, Université de Pau & pays de l’Adour, Paris). Cette organisation se justifie pleinement car elle permet de mieux assurer la collaboration entre les bureaux et les acteurs de l’archéologie en région, sans nuire à l’unité scientifique du laboratoire. La vocation de l’IRAA à intervenir en France répond à l’un des objectifs majeurs fixés par ses fondateurs : étudier les monuments antiques conservés ou à découvrir en France. En Provence, l’IRAA intervient à Orange (suivi scientifique des restaurations du bâtiment de scène du théâtre), à Vernègues en contribuant à l’étude architecturale du temple, à Mouriès (publication des vestiges de l’ensemble du site), à Glanum, site où les architectes et les chercheurs de l’IRAA se sont beaucoup investis et continuent à le faire, mais aussi à Gréoux-les-Bains ou au Verduron. Cette mission que l’IRAA n’a jamais cessé de remplir n’empêche pas ses membres de participer à de nombreux chantiers à l’étranger. Les membres du laboratoire interviennent dans presque tous les pays du pourtour méditerranéen.

La spécificité des recherches de l’IRAA consiste à faire collaborer des architectes diplômés des écoles d’architecture, dotés d’une solide formation théorique et pratique à l’archéologie, et des chercheurs spécialisés dans l’étude de l’architecture antique et de ses contextes documentaires classiques fournis par l’archéologie des mobiliers, la littérature ancienne et l’épigraphie (archéologues, historiens, historiens de l’art). Ces chercheurs viennent de plusieurs horizons institutionnels : le CNRS bien sûr, les universités, l’INRAP dont les agents apportent beaucoup au laboratoire, les SRA et les collectivités territoriales. Cette collaboration entre chercheurs et architectes s’applique à l’ensemble du processus de la recherche, du relevé sur le terrain jusqu’à la réalisation des plans, des dessins des blocs, des restitutions en vue de la publication, en passant par l’étude architecturale et comparative. Ce type de travail implique souvent, pour les architectes du laboratoire, un engagement de longue haleine dans l’étude d’un site ou d’un monument. Ce type de compétence explique que le laboratoire soit très souvent sollicité par les collègues étrangers qui ne disposent pas de services équivalents. L’Institut de Recherche sur l’Architecture Antique est la seule unité de ce type en France et l’une des rares institutions spécialisées en architecture antique en Europe.

Les programmes de recherche du laboratoire portent sur l’archéologie de l’architecture antique et les technologies numériques (expérimentations, amélioration des outils d’acquisition des données, exploration des nouvelles formes de publication, réflexion déontologique sur le rôle des architectes en archéologie) ; l’étude des matériaux et des techniques de construction (le chantier, la conception et la réalisation des monuments, les métiers et les financements), en particulier à Délos grâce à un financement de l’ANR ; enfin, les liens entre les architectures anciennes et les sociétés, tant il est vrai qu’il est important de restaurer une continuité épistémologique dans les études architecturales de l’acquisition des données à l’exploitation archéologique, historique et anthropologique de l’analyse des monuments et des espaces antiques.

En cette période difficile pour les sciences humaines, on assiste en archéologie de l’architecture à une excessive simplification des protocoles de recherche : la chaîne opératoire qui conduit de l’acquisition numérique ou traditionnelle des données de terrains à la publication scientifique ne fait plus d’évidence une place à l’analyse architecturale, qui, associée à la recherche des modèles, est seule fondée à établir solidement des hypothèses de restitution de l’état ancien des ensembles que nous étudions, et à fonder un discours scientifique interprétatif plus ample. À passer directement de la mesure topographique des vestiges à l’évocation infographique de leur forme originelle, on en vient à priver l’archéologie des architectures anciennes de sa dimension scientifique au profit d’une sorte de patrimonialisation de façade.
Edito
François Quantin, professeur d’archéologie antique (Aix-Marseille Université), directeur de l’IRAA (USR 3155 CNRS/AMU, Lyon 2, UPPA, Paris)
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