N° 33 / Juillet 2016 

Recherche
sur les titres des articles et dossiers


Tapez vos mots clés séparés par un espace

actualités

Dossiers à venir
  • Patrimoine protégé dans les sites naturels protégés
  • Patrimoine sonore (suite)
  • Portrait de Patrimoine (suite)
  • Patrimoine astronomique et astrophysique



Étudier l’histoire de son pays c’est l’aimer, la faire connaître, c’est le servir.
François Arnaud

L’imposante silhouette de Tournoux ne peut qu’interpeller le visiteur de la haute vallée de l’Ubaye, elle est exceptionnelle. Cette montagne fortifiée pose alors toute une série de questionnements et offre ainsi la possibilité d’un enrichissement à qui veut savoir et comprendre. La visite des lieux sera ensuite la source d’un nouvel émerveillement.
Tournoux permet de faire revivre la longue et souvent difficile histoire des relations franco-italiennes. Le belliqueux sicilien Crispi arrivé au pouvoir, allié avec l’Autriche-Hongrie et l’Allemagne, réclame à la France la restitution de la Savoie et de Nice. Puis, avec la rupture de cette alliance - la Triplice - en 1915, l’Italie devient notre alliée durant la Grande Guerre. Enfin, en 1922, Mussolini ouvre une nouvelle ère de tension entre nos deux pays, jusqu’au coup de poignard dans le dos de 1940. On retrouve les soubresauts de ces événements dans les pierres et les constructions qui s’étagent sur les 700 mètres de dénivellation de la forteresse.
Tournoux a marqué l’histoire de cette vallée frontière pendant des dizaines d’années avec les travaux liés à sa construction, avec les aménagements imposés par l’évolution des techniques militaires.
À certains moments, les autorités locales demandent une présence militaire dans la vallée « le nombre d’ouvriers presque tous piémontais, employés au fort de Tournoux, augmente de jour en jour et rend indispensable une garnison ». Bien plus souvent, le chantier de cet ouvrage de dissuasion, comme de toutes les batteries qui l’entourent, les créations de pistes, de routes militaires, permirent à une main d’œuvre locale de s’employer, à des commerces locaux de se développer… D’autres casernes, d’autres fortifications suivirent Tournoux, d’où les 150 ans de présence militaire en Ubaye.
Tournoux c’est enfin une histoire d’hommes, non plus des militaires mais des personnes attachées au patrimoine, à un patrimoine singulier porteur d’avenir. L’Armée abandonne Tournoux en 1987. Dès cette année-là, les élus unanimes, comme tous les habitants qui n’avaient jamais pénétré dans ce site, reconnaissent une exceptionnelle richesse qu’ils n’imaginaient pas. L’État finance une première étude et la Région subventionne le Syndicat intercommunal pour réaliser les premiers travaux de restauration et de sécurisation. Les deux emblématiques casernes du fort moyen sont ainsi sauvées, les visites sont assurées par une « association des Fortifications » qui commence à faire découvrir à des milliers de touristes ce patrimoine militaire.
Aujourd’hui, avec la Communauté de communes et d’autres bénévoles, toujours avec l’appui de la Région, mais désormais avec l’indispensable soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles et l’inscription au titre des Monuments Historiques, l’avenir de Tournoux semble bien tracé pour devenir le pilier du tourisme culturel dont toute la vallée a besoin pour conforter son économie, tourisme culturel et patrimonial dont de nombreuses études ont démontré le rôle déterminant et la constante progression dans notre région, phénomène souvent masqué par l’image omniprésente d’un tourisme balnéaire massif.
Il n’y a pas là, d’ailleurs, que des différences de destination, mais aussi et surtout de modes de « consommation » et d’appréhension territoriale : plus en prise avec le local, son histoire, ses acteurs, pour ne pas dire son authenticité, ce tourisme culturel (également qualifié de mémoire) est porteur de valeurs éthiques, c’est pourquoi on le qualifie de durable. Il s’inscrit en effet dans un continuum historique, géographique, social et économique, donnant une place essentielle aux hommes et à leur culture.
C’est tout le sens des mesures de labellisation par l’UNESCO, attachées à ne pas scinder les différentes formes de patrimoine (bâti, culturel, naturel) dont cette lettre des patrimoine se fait l’écho à l’occasion de l’inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’œuvre de Le Corbusier, mais également à promouvoir et réaffirmer les valeurs essentielles de citoyenneté dont est porteur le patrimoine, comme en atteste le thème choisi par le Ministère de la Culture pour les prochaines journées du patrimoine.
édito
Pierre Martin-Charpenel, vice-président de la communauté de Communes vallée de l’Ubaye en charge de la Culture, Maire de Barcelonnette
Le Fort de Tournoux, construction, sauvegarde et avenir
Florence Donnadieu, responsable service Culture et Patrimoine - Communauté de Communes - Vallée de l'Ubaye
La vallée de l’Ubaye, maintes fois traversée ou occupée au cours des siècles – Romains, Lombards, Sarrasins furent ses premiers envahisseurs - garde sur les hauteurs ou au confluent de ses rivières la trace de son histoire militaire.

Bibliothèque et Musée Arbaud
Bernard Mille, président de l’Académie
L’Académie des Sciences, Agriculture, Arts et Belles-Lettres d’Aix a le privilège d’exercer une mission de conservation concernant d’une part une bibliothèque et d’autre part un musée, l’un et l’autre situés dans l’hôtel Arbaud au cœur du quartier Mazarin d’Aix-en-Provence.
Celles et ceux qui ont franchi le seuil de ce cabinet de curiosités savent quelle atmosphère particulière se dégage des lieux que cette présentation essaiera d’évoquer.
Patrimoine et citoyenneté :
Le patrimoine culturel au service de l'esprit civique

Dienaba Dia, Conseillère pour l’éducation artistique
Les prochaines journées européennes du patrimoine (17 et 18 septembre 2016), se déploieront autour du thème « Patrimoine et citoyenneté ». Dans une publication en date du 20 juin, la Ministre de la culture et de la communication réaffirme que « le patrimoine est à la fois un symbole de la citoyenneté française, [mais aussi le] lieu où elle peut trouver à s’exercer et à se renforcer ». 
Inscription sur la Liste du patrimoine mondial de « l’œuvre architecturale de Le Corbusier, une contribution exceptionnelle au Mouvement Moderne », par le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco réuni à Istanbul le 17 juillet 2016
Sylvaine Le Yondre, Adjointe au conservateur régional des monuments historiques
Adoptée lors de la 40e session du Comité du patrimoine mondial de l’Unesco, l’œuvre architecturale de Le Corbusier est un bien en série transnational, constitué de dix-sept sites, choisis parce qu’ils apportent ensemble une réponse exceptionnelle à quelques-uns des enjeux fondamentaux de l’architecture et de la société au XXe siècle. 
Utilité de l’étude des collections anciennes d’antiquités africaines : l’exemple de la collection Aubert-Buès du Musée muséum départemental des Hautes-Alpes à Gap
Frédérique Verlinden, Yves Chiaramella, Audrey Copetti, Michel Bonifay
Dans le cadre d’un partenariat entre le Musée muséum départemental des Hautes-Alpes à Gap, la Société d’Études des Hautes-Alpes, la Cellule Alpine de Recherches Archéologiques (CARA) et le Centre Camille Jullian (Aix Marseille Univ, CNRS, MCC), en collaboration avec le Centre Européen de Recherche et de l’Enseignement des Géosciences de l’Environnement (Aix Marseille Univ, CNRS, IRD, CDF), le Dipartimento di Scienze della Terra, dell’Ambiente e della Vita (DISTAV) de l’université de Gênes (Italie), l’université de Sfax (Tunisie) et l’université de Sétif 2 (Algérie), l’étude archéologique de la collection d’antiquités africaines Aubert-Buès, entreprise en novembre 2015, est en voie d’achèvement. 
|  Contact  |  Mentions légales  |  Crédits  |  Inscription  |  Connexion  |
MCC index ADVP